28/09/2003

Citation

" Si vous voulez vous en sortir, monsieur, il n'y a pas de mystère : vous DEVEZ faire du noir. "

La citation est de ... ???

... elle m'a été dite par monsieur le juge lui-même en personne, lors de la descente de faillite !

15:04 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Dilemme

Je m'inquiète : dans la mesure où mes meubles ne m'appartiennent plus, aurai-je le droit de les déménager? Toujours pas de réponse de mon curateur...

13:26 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/09/2003

Dans banqueroute, il y a banque (et route aussi)

Les banques et moi, c'est une longue histoire d'amour. De celles où on se déchire sans arrêt. Très holywoodien dans le fond. Déjà, de savoir qu'une pseudo-autorité peut prendre l'initiative de vider mon compte pour se payer, ça laisse planer un doute (je suis en état de banqueDoute...). Mais ils ne le font pas sans prévenir. Et comme les banques rechignent toujours à voir partir de l'argent, on a une marge de 24-48 heures au moins. Les distributeurs de billets de la région ont crépité ces jours-là... Ce qui m'a valu le plaisir de recevoir la semaine suivante un joli recommandé : "la totalité de votre solde, soit 2 euros, à été transféré par autorité...". Flûte !!! J'avais oublié 2 euros !!!

A partir de là, il suffit de se faire payer par chèque (non barré le chèque, sinon ça sert à rien) ou en liquide. En plus, ça entretient la réputation de l'indépendant-fraudeur. Faut toujours soigner son image, non?

Des banquiers, j'en ai vu quelques uns. Entre le moment où ils te déroulent un tapis rouge pour te pousser à la consommation (de crédits) et le moment où ils sortent une kalachnikov quand tu franchis la porte de l'agence, t'as pas le temps de dire ouf! Je connais une banque (dont je brûle d'envie de dire le nom... mais non, vous ne m'aurez pas ainsi petits canailloux) dont les employés ont reçu l'ordre : 1) de ne plus accepter d'indépendant; 2) d'essayer de décourager les indépendants déjà clients chez eux.

Pour garder un compte en banque (c'est tout de même parfois nécessaire), j'ai dû batailler sec. Donc, "ils" ne me font pas confiance; et moi je leur rends bien. Les allocs par exemple : on a demandé de les recevoir par assignation postale. Ca implique l'inconvénient de devoir faire la file une fois par mois... mais en contrepartie, on touche les sous 5 JOURS plus tôt !!!

Il paraît qu'à présent, les banques ne peuvent plus refuser à un assujetti social la possibilité d'ouvrir un compte. Dans le fond, cela signifie que, officiellement : il est interdit d'interdire. C'est pas beau ça ?

16:14 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/09/2003

Et à force d'attendre, les convoyeurs s'inquiètent.

J'ai demandé à mon curateur le détail de la situation en cours. Y compris ses honoraires. Pour voir; pour savoir. Cela fait même plusieurs mois que je lui demande régulièrement cette information : aucune réponse.

Lorsque j'ai fait visiter la maison la première fois, j'avais l'air vraiment con : je ne connaissais même pas le prix de vente. La seule chose que je savais, c'est que je devais assurer les visites moi-même. On a fait téléphoner quelqu'un, se faisant passer pour un acquéreur potentiel, afin de connaître le prix.

Après toutes ces visites, il paraît que le prix proposé devient intéressant. Alors, peut-être qu'une fois que tout sera vendu, il me restera un petit quelque chose? Non, je n'y crois pas vraiment... Mais on peut aussi vivre d'espoir.

Donc, j'aimerais beaucoup, beaucoup savoir combien mon curateur va prendre au passage. Il paraît que sans décompte détaillé de son travail, il pourrait décider allègrement de s'allouer un forfait mensuel. Mais moi, je veux un décompte détaillé; ça doit l'embêter. Il ne répond jamais.

11:10 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/09/2003

Les visiteurs (non, pas la revanche du retour du fils qu'était même pas mort)

Tous les samedis, je fais visiter la maison aux candidats-acheteurs. C'est souvent génant (c'est bête, j'ai toujours la voix qui s'étrangle pour répondre à la question "Pourquoi vendez-vous?"), quelques fois cocasses ("Ouf! il est grand le jardin... il faut du temps pour l'entretenir, non?" - "Ben, oui, mais j'ai un mouton!" - "Ah, y'a un bouc?" - "Non : un mouton" - espèce d'aventurier urbain...); et parfois bizarre.

La semaine dernière, il a fallut gérer deux visites en même temps. Pas simple. D'autant qu'ils étaient antinomiques.

Les premiers : de vrais sans-gène, à fouiller partout comme s'ils étaient déjà chez eux. L'autre : costume trois-pièces, guindé. Je l'aurais plutôt vu chercher une pseudo-fermette dans le Brabant wallon. Ce qui m'a d'autant plus étonné lorsqu'il a dit qu'il était vraiment, vraiment très intéressé. C'est clair : j'avais du mal à l'imaginer vivant chez moi; ça ne collait vraiment pas.

Je suis ainsi : naïf et candide. Ce n'est pas un défaut, c'est un choix de vie. Ce n'est que bien plus tard que je me suis demandé s'il n'était pas un espion à la solde de mon curateur. Ou alors, c'étaient les autres ? Bon, voilà que je refais une poussée de paranoïa...

16:17 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les convoyeurs attendent

En sortant de chez moi ce matin, j'ai levé les yeux au ciel. Aucun vautour ne planait au-dessus de ma tête.

Sont partis en vacance ???

13:55 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Ça eut payé? Vraiment ???

Non, en fait : l'honnêteté, ça ne paie pas.

Il y a quelques petites choses qu'il vaut mieux essayer de préserver. Sans elles, la vie devient très très compliquée. Exemples : l'eau, l'électricité, le téléphone. Mais : s'agissant de sociétés "privées-mais-pas-tout-à-fait", agissant en état de quasi-monopole, la loi c'est eux. Et pour éventuellement agir à l'encontre de la législation, il leur suffit de créer des règles. LEURS règles.

Exemple récent : l'électricité.

C'est clair : en tant que failli, la loi m'interdit formellement de rembourser moi-même un ancien créancier, au risque de voir tous les autres débouler chez moi. Donc, pour Electrabel comme pour les autres, j'ai fait un petit courrier pour expliquer la situation, demander qu'ils prennent contact avec mon curateur et mon avocat. Et puis zut. Et tous les mois, je paie la facture en cours. Honnête, non ? J'aurais pu tout aussi bien me faire passer pour indigent et ne plus rien payer. Voire transmettre les factures au CPAS, ça m'aurait amusé. Mais régulièrement, je reçois lettre de rappel, mise en demeure, menaces...

Puis hier bizarrement, il y a deux gars de l'autre côté de la rue qui regardent ma façade ou mon toit. Bon. La maison est à vendre après tout. S'ils veulent visiter, y a qu'à demander.

Ce sont les aboiements du chien du voisin qui m'ont alerté. Je sors : un gars dans une nacelle qui monte.
— "Vous faites quoi?"
— "Je coupe !"

J'ai rarement engueulé quelqu'un de cette manière... Désolé, les gars : je luttais pour ma survie; c'était juste l'instinct de conservation.

Pour la petite histoire : les sociétés de distribution d'électricité ont déjà été condamnées pour cette manière de faire. Il leur est formellement interdit de couper l'électricité sans l'accord écrit du juge des saisies. Et encore : dans ce cas, le juge décidera d'une simple limitation et en référera au CPAS auparavent.

Mais eux, ils s'en foutent visiblement.

11:12 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/09/2003

Le dit de la légende villageoise

Il y a des jours comme ça où je préfère rester chez moi et ne voir personne. Bon, d'accord, dans mon cas je devrais plutôt dire : des semaines. Ou des mois.

C'est ainsi : je ne sais pas quoi répondre à la question classique : "Comment ça va?". Je me doute bien qu'on pose cette question sans trop y penser. Et sans plus y penser, on répond "Ca va". Juste histoire de dire quelque chose, d'introduire la conversation... En me concentrant très fort parfois, je passe outre de ce réflexe et j'arrive à répondre : "ça finira bien par aller".

Mais c'est embêtant : soit ma réponse fait sourire, ce que je trouve indécent; soit elle amène d'autres questions sur lesquelles je n'ai vraiment pas envie de m'étendre.

Alors, je préfère encore qu'on ne me pose pas de question du tout. Et j'imagine qu'on m'oubliera. C'est mieux ainsi.

C'est un tort : on n'oublie pas quelqu'un qui se cache. On jase.

Dans mon patelin, il se dit que je suis propriétaire d'une autre maison. Bien content de l'apprendre ! C'est la seule rumeur qui m'est revenue jusqu'à présent, mais je suppose qu'elle ne doit pas être orpheline.

15:30 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/09/2003

URGENT

Cherche à louer maison, 3 chambres, si possible avec jardin et de préférence au sud de Namur.

11:09 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Il fallait s'y attendre

Je m'étais mis une semaine au vert lorsque la nouvelle est tombée (comme quoi, il faut jamais espérer avoir l'esprit en vacance...) : l'affiche est arrivée. Une belle, jaune fluo "Maison à vendre". Ce n'était pas vraiment une surprise, mais j'espérais avoir la paix encore quelques mois. D'autant que pour trouver à se reloger, c'est galère.

J'épluche les annonces de maisons à louer depuis pas mal de temps. Les proprios, j'en ai rencontré de 2 types :
- Ceux qui jugent à la tête du client. Là, si tu n'arrives pas chez eux en BMW ou en Mercedes, t'as aucune chance.
- Ceux qui connaissent quelqu'un qui a accès à des informations d'ordre privé. Je ne sais pas comment c'est possible. A tous les coups, sans trop se forcer, ils tombent évidemment sur le jugement de faillite.

Alors moi, je joue avec eux la carte de la franchise; j'explique ma situation. Sans trop entrer dans les détails (par pudeur), mais en dédramatisant aussi. J'essaie de les persuader que le plus dur est derrière moi, que pour le loyer c'est ok, j'ai de quoi, je peux leur donner des garanties... Moi je ne sais pas; ça me rassurerait un candidat-locataire qui n'essaie pas de raconter de bobards. Mais apparemment, ça ne paie pas.

En attendant, une fois par semaine, je fais visiter ma maison. Et ça, c'est pas très bon pour le moral.

11:06 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/09/2003

Kafka pas mort

J'ai beau le savoir, je suis chaque fois épaté par la mauvaise foi de l'Administration. Un comble d'illogisme poussé dans ses derniers retranchements. A moins que ce soit au contraire la preuve d'un potentiel de créativité refoulé ?

A la Caisse sociale, ça a donné : dossier en suspens - motif : l'intéressé a peut-être droit à des allocations de chômage. Ah bon ? Première nouvelle ! Quatre personnes au moins m'avaient déjà confirmé auparavent que désolé mais non, pas de droit au chômage pour moi. Je suis renvoyé dans un cinquième service, qui bien sûr me confirme ce que je savais déjà. Et me voilà avec ma belle attestation pour relancer mon dossier.

Pas folle la guêpe, et pas question de se mouiller bien sûr. L'attestation dit : l'intéressé ne perçoit pas d'allocation de chômage - raison : pas de dossier en cours. Ben, c'est forcé, je vais pas entamer un dossier sachant qu'il sera refusé. Non, non, non : ça, ce n'est pas la preuve que je n'y ai pas droit, c'est simplement la preuve que je n'ai pas de dossier à l'Onem. A la Caisse sociale, ils sont spécialisés dans la législation des indépendants; c'est tout de même bizarre qu'ils remettent en question aussi facilement leurs propres compétences !

Retour à l'Onem, sixième service (on va bientôt arriver au dessert là, non ?). Réponse : aucune raison d'introduire un dossier puisque je n'y ai pas droit. Bon, écoutez, je vais parler lentement pour vous permettre de comprendre... Là, je tire une carte "chance" et je peux aller directement au service juridique sans repasser par la case départ. Ouf ! Quelqu'un qui comprend le sens de l'attestation dont j'ai besoin. Il faut un délai de 24 heures pour examiner mon dossier (ah bon? j'ai un dossier alors?). J'attends le lendemain et je le rappelle : "Désolé, monsieur, vous n'avez pas droit aux allocations de chômage"... Youpie ! Il a compris. Je crois qu'il a compris ? Oui ? Non ?

Avec tout ça, le mois est déjà bien entamé. Je recontacte le CPAS pour demander une nouvelle avance mensuelle. Pas question ! La Caisse sociale a répondu au CPAS que je pouvais peut-être prétendre à des allocations de chômage... Ils se sont tous donné le mot ou quoi ?

09:36 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/09/2003

Blocus

Ce jour-là, j'ai réellement piqué une grooooosse colère. Ca ne m'arrive pas souvent, mais là... Bon, je m'étais déjà levé du pied gauche en m'apercevant que mon téléphone était coupé. C'est sûr, ça ne m'a pas aidé à être réellement réceptif.

Et paf ! voilà que j'apprends en plus que tout mon courrier est détourné chez le curateur !

C'est le KGB ou quoi ? Muselé, j'étais. Pieds et poings liés. Exilé de force. Zou ! En Sibérie !

09:52 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (51) |  Facebook |

10/09/2003

Le look, Coco, y a que ça qui compte

Les premières fois où je m'étais présenté au CPAS, j'avais soigné ma présentation. J'avais encore dans l'idée de retrouver très vite du boulot et je voulais donner de moi une image positive.

Cette fois, en fonction du calendrier des permanences, j'avais 2 jours de délai pour me préparer.

Et me voilà dans le bureau de mon assistante sociale : sale, hirsute, pas rasé, un jeans troué... J'avais même pris soin d'avoir l'haleine chargée; je m'étais efforcé à ne pas dormir assez et je parlais d'une voix traînante, hésitante.

Ma demande : acceptée du premier coup !

Il faut toujours soigner la présentation...

09:55 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Retour à la case départ

Alors finalement, voilà ce que l'avocat du CPAS a trouvé : le CPAS n'a aucune raison d'intervenir dans mon cas, vu que j'ai droit à une assurance sociale en cas de faillite. Ah bon ? Ca existe ça ? Je téléphone, je me renseigne et tout le monde me répond : oui, ça existe, et oui, j'y ai droit. Mais que diantre ne me le disiez-vous pas plus tôt ? Je pouvais pas deviner; et personne, jamais, n'a pensé à me dire d'introduire une demande.

Contact avec la Caisse sociale; un bête petit formulaire à remplir. Ce que je fait. Notons bien au passage que cette allocation est limitée à 6 mois maxi. Vous imaginez un employé qui perd son emploi à qui on annonce qu'il n'aura droit qu'à 6 mois de chômage, pas un de plus ? Ca provoquerait pas une révolution, ça ?

Deux précautions valent mieux qu'une : je téléphone au gars qui gère mon dossier. Tout est ok, reste à attendre la réponse.

— "et vous pensez que j'aurai la réponse dans quel délai ?"
— "vous devez compter 6 mois environ"
— "6 MOIS ???? Et je fais comment pendant ce temps ???"
— "Adressez-vous au CPAS de votre commune. Ils vous feront une avance..."

Dites, un jour, j'aimerais bien qu'on m'explique les règles du jeu. Ces allers-retours, ça devient lassant.

09:46 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/09/2003

Descente de faillite / deuxième... Moteurs... Action !

Et on a remis ça! Cette fois, à la clé : la maison, les meubles, la voiture... tout le tintouin. Cette fois, mon curateur n'est pas venu avec madame, mais avec son gamin. J'ai trouvé ça très très désobligeant. Un peu comme si un toubib invitait du monde dans son cabinet juste après vous avoir dit "déshabillez-vous".

En revanche, moi j'avais invité mon avocate. On apprend à hurler avec les loups.

Là aussi je pense qu'il a déchanté. En fait de mobilier, c'est plutôt dépareillé chez moi. Tout de la récup. Et l'électro-ménager n'est pas vraiment de dernière génération. On a pu négocier le rachat de nos meubles (via une copine qui sert de prête-nom) pour 250 euros. Du coup, avec les gosses, on s'est fait un p'tit resto après.

14:57 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/09/2003

...et y'en a qui disent "jamais deux sans trois". Aïe Aïe Aïe !

Pour une entreprise ou un indépendant, la loi prévoit la faillite. Pour un particulier il existe la "remédiation de dettes". Moi, comme j'avais aussi des dettes personnelles agravées du fait de ma responsabilité dans les dettes de ma société, le tribunal a accepté que j'entame les deux procédures. Ce qui normalement n'est pas du tout possible pour un indépendant.

Mais avec cette histoire de "société en commandite simple", je me suis retrouvé (sans le savoir) face à un vide juridique. Et bien sûr, j'ai pas pu m'empêcher de sauter dedans !

Pour la remédiation, on accepte que toutes les rentrées du ménage soient versées sur le compte d'un avocat. Celui-ci négocie un plan de remboursement avec les créanciers et de toute façon au bout de 5 ans on efface l'ardoise. Cinq ans à tenir et puis la paix royale. Ca me génait d'autant moins qu'on m'avait bien expliqué que l'avocat tenait compte des revenus nécessaires à la vie du ménage et qu'on ne resterait pas sans rien. Finalement, c'était la première fois que quelqu'un voulait bien m'accorder le minimum vital. Mon train de vie allait s'améliorer du coup, c'est sûr.

Mais : mon curateur est allé trouver dans la "doctrine" (c'est ainsi qu'on dit, hé oui) une théorie sur la responsabilité personnelle du gérant, assimilé dans mon cas à un indépendant sans l'être. Je devais donc logiquement re-déclarer faillite à titre personnel. Sans avoir de registre de commerce, c'est possible, ça? Réunion entre avocats, re-audience au Tribunal, retour aux greffes du tribunal de commerce pour re-déclarer faillite... personne n'avait l'air d'avoir les idées fort claires à mon sujet.

Le B-A-BA de la loi, c'est que "nul n'est sensé ignorer la loi"... Mais même pour des professionnels, je vous jure : c'est impossible de tout connaître. La preuve : grâce à moi, ils ont appris quelque chose.

Monsieur le greffier en chef (j'ai remarqué au passage que les ordis étaient toujours dans leurs boîtes) était bien embêté. C'était une première et mon cas risque de faire des émules. Si quelqu'un, un jour, veut donner mon nom à cette procédure, j'ai rien contre.

15:25 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Ah ben non, pas encore cette fois

C'est vrai que le ministère de la Justice manque de moyens. La salle d'audience dégage une atmosphère glauque, avec sa lumière blafarde et les murs défraîchis, jaunasses-pisseux. De quoi foutre le cafard à un bataillon de clowns en folie. Sur l'estrade, un imposant pupitre avec au moins une dizaine de fauteuils. Rien à voir avec l'idée d'un juge débonnaire siègeant seul. Ils vont être combien à prendre place là? Aux deux premiers rangs, les avocats. Et tout dans le fond, près de l'entrée, un banc contre le mur, rempli déjà par mes "collègues". Entre ces deux zones, une sorte de no man's land.

Je vais pas rester debout... Plus de place sur le banc; je m'installe sur une banquette du no man's land. Les dossiers sont très haut, ce qui fait que je suis plus ou moins caché. Ca me dérange un peu, parce que je voudrais que mon avocate remarque ma présence. Je me tiens droit comme un piquet, j'étire le cou pour gagner encore un centimètre au-dessus du dossier. Elle finit par me voir.

— "J'aurais dû vous prévenir. Ce n'était pas la peine de venir aujourd'hui."
— "Ah bon ?"
— "L'avocat de la partie adverse va demander un report d'audience, le temps d'étudier le dossier"
— "La semaine prochaine alors?"
— "Non, il faut compter 3 semaines - 1 mois."

Bouf ! Un mois de plus ! L'huissier annonce le début du show, alors je me dis que je vais rester un peu, voir comment ça se passe. On se lève tous pour accueillir "La Cour !". Un peu de cérémonial; tout le monde se tait à présent (en fait, il n'y avait que les avocats qui bavardaient, nous, on était très sages). Le Président est une Présidente. Pour discuter de problèmes sociaux, c'est pas plus mal je trouve.

En début de séance, on fait l'appel des présences. Comme en classe, sauf qu'ici on peut se faire remplacer, ça compte quand même. En entendant son nom, un bonhomme se lève et s'avance au milieu de la salle. S'arrête. Hésite. Il est 10 heures du matin, mais il semble déjà passablement chargé.

— "Vous approcherez lorsqu'on vous appellera, Monsieur."

Pas de réaction. Il doit se dire qu'on vient de l'appeler, justement. Un petit pas timide vers l'avant.

— "Huissier, voulez-vous expliquer à ce monsieur..."

Chaque fois qu'il comprend qu'on parle de lui : un pas en avant.

— "Non, écoutez, est-ce que quelqu'un pourrait lui expliquer... le reconduire... Il n'a pas l'air de comprendre ? Si ?"

Dans les yeux de la Présidente, il m'a semblé voir passer un vent de panique.

Arrivé à mon dossier, les avocats se sont approchés, ont sorties leurs agendas, se sont mis d'accord. "Eh bien voilà, la séance est reportée à..." Bon, ben, merci; bonne journée.

09:41 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/09/2003

Rien c'est pas grand chose... mais moins que rien?

Evidemment, cette histoire de soustraction des frais de déplacements, ça n'a pas marché. On est même allé jusqu'à changer le contrat d'emploi avec renonciation des remboursements de frais. Paf ! 30 euros en moins par mois. Merde : 30 euros, ça nous fait une semaine de bouffe. Si c'est pas une preuve de bonne volonté, ça?

Dans les textes de loi (on trouve de tout sur Internet) il est expliqué que le calcul de la situation d'un ménage se fait en prenant la situation du mois de la demande et en faisant une projection sur un an. C'est super-clair, même moi qui suis plutôt imperméable à ce genre de littérature j'ai tout compris.

Projection... c'est plutôt dans l'avenir je pense. Moi, j'ai eu droit à un régime de faveur : obligé de me présenter au CPAS avec l'avertissement-extrait de rôle d'il y a 2 ans. "Si vous ne l'avez pas, c'est pas grave : on demandera pour vous une copie à l'Administration".

Alors, la réponse c'était même plus une surprise : refusé.

J'avais plus le choix. Dernier recours : le Tribunal du Travail.

18:29 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

A ce stade du récit, ça n'a pas encore de rapport direct, mais c'est bon à savoir...

... et chronologiquement, c'est ici que je dois insérer cette info. J'avoue : je ne l'ai pas contrôlée. Mais je n'ai aucune raison de mettre en doute la parole de celui qui m'a expliqué ça.

Les Communes, elles reçoivent aussi un subside pour l'accueil des candidats-réfugiés. A condition bien sûr d'avoir une "structure d'accueil". En soi, c'est fort bien. Rien à redire.

Là où j'habite, il y a une association qui devait pas mal de fric à la Commune. Vous savez : une de ces asbl qui par définition n'ont pas de bénéfice, mais en revanche un patrimoine à tomber par terre. Pour appurer leur dette, ils ont donné à la Commune une de leurs maisons, qui l'a rétrocédée au CPAS. Ils font ce qu'ils veulent. Le fric bien sûr n'est pas rentré dans les caisses sur le coup; mais en baptisant cette maison "structure d'accueil", la Commune (ou le CPAS, je sais plus), perçoit un subside annuel.

Jusque-là, ça roule.

Le problème, c'est que cette maison est perdue au milieu de nulle part. J'imagine assez bien la tête d'une famille de candidats-réfugiés à qui on propose la maison : je ne parle pas français, je n'ai aucun moyen de locomotion, les bus, les écoles, les magasins sont aux cent mille diables. Pour trouver un travail dans le coin, il faut se lever tôt (et même en ne se couchant pas ça marche pas. Je le sais, j'ai essayé). Si on me laisse le choix, forcément, je préfére aller ailleurs. Et on leur donne le choix.

Ladite famille est alors invitée à signer un formulaire précisant que c'est de leur plein gré qu'ils ont décliné l'offre.

La maison reste vide. Et les subsides tombent tous les ans.

16:19 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Noeud de vipères et arithmétique

Je reprends donc mon bâton de pélerin. Je téléphone, j'envoie des courriers, je rencontre des gens... Et voilà que j'en arrive à détricoter tous les liens : le Président qui s'est fait une majorité en s'alliant avec l'opposition, la Commune qui râle contre le CPAS, les assistantes sociales qui râlent contre le Président... Ouf ! Et moi qui débarque comme un con au milieu de tout ça !

L'assistante sociale : "Vous savez, la décision finale est essentiellement politique".
L'élu local : "En aucun cas la politique n'interfère sur le travail des assistantes sociales".
Moi : "Oui, mais... tu vas appuyer mon dossier ?"
Lui : "Heu... oui, bien sûr..."

Ben quoi ? C'est pas moi qui ai frappé à sa porte; c'est lui qui est venu me trouver pour ce job.

Plus tard, au téléphone, cela donnera : "On ne te demande pas de divorcer; juste de simuler une séparation. En cas de contrôle, t'as qu'à dire que t'étais revenu chercher des affaires chez toi". Bon, décidément ils y tiennent.

N'empêche : si je le fais et que ça ne marche pas non plus, j'aurai l'air con. Et bien avancé, avec les gosses qui commencent à se demander pourquoi je parle de séparation. Alors, je cherche une autre faille. Et je trouve celle-ci : sur la fiche de paie, le total c'est : y compris les frais de déplacements. Un remboursement de frais, c'est pas une rémunération, si ? On est 20 euros plus haut que le plafond; si on retire 30 euros de remboursement... Ca change tout, non?

15:24 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Là, on entame une longue série de rebondissements

Le courrier est intitulé "NOTIFICATION SIMPLE". Simple, je ne sais pas pourquoi, parce qu'en fait, il faut un dico pour bien tout comprendre.

Heureusement, au milieu de la page, en grand et en gras, c'est très clair :

"... Décision :

  • Vu que vous cohabitez avec une personne ayant des revenus suffisants.
  • De ne pas vous octroyer le revenu d'intégration sociale catégorie 1 (cohabitant)
..."

Bon. Donc : 798 euros par mois, ce sont des revenus suffisants pour une famille de 5 personnes.

Ensuite, ils me fatiguent à la longue, c'est vrai quoi : j'ai bien expliqué à un tas de gens que je ne venais pas demander le RIS, mais un statut qui me donne accès à un emploi. Je parle français ou non?

A la fin du courrier, toute la procédure pour introduire un recours est expliquée en détail. Mais là, je me dis : aller au Tribunal, ce ne serait pas une bonne base de travail. Je leur en veux pas d'appliquer la loi, mais il doit y avoir moyen de s'entendre ?

Allez, je vais bien finir par trouver une astuce.

12:15 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Bonne résolution

Très logiquement, il y a vraiment trop de personnes à qui je devrais en vouloir.

Un boulot à temps plein, quand on y pense.

J'ai décrété que la rancune était un luxe que je ne pouvais pas me permettre.

10:24 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

A force évidemment, ça dérape un peu - 2: je pète les plombs

" La Commune de... et son CPAS souhaitent de bonne fêtes de fin d'année à tous les assistés sociaux qui leur rapportent des subsides."

Ouf! sur la homepage officielle, c'était peut-être un peu trop visible... J'étais à moitié bourré lorsque j'ai piraté le site. Mais attention : syntaxe, aurtografe et argumentaire impeccables. Toujours soigner l'emballage.

Je ne me suis pas trop fait engueuler. On a discuté. Ils ont pris des mesures pour que cela n'arrive plus. Du boulot qu'ils me proposaient, on ne parle plus jamais. Moi, j'avais bien compris qu'un failli ne serait jamais subsidiable.

09:10 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/09/2003

A force évidemment, ça dérape un peu - 1: paranoïa

TOUT FAUX ! J'avais tout faux. Ou presque. Cette histoire de nettoyage par le vide, de sélection naturelle parmi les copains... : Parano.

Ils m'ont expliqué que je donnais plutôt l'air d'avoir envie qu'on me foute la paix. Ce qu'ils ont fait. Mais ils sont toujours là. Attentifs.

15:35 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/09/2003

Des ineffables petits plaisirs de la vie d'un failli... 4 : Nettoyage

Un des gros avantages d'une situation comme la mienne (ou bien : LE avantage?), c'est qu'on est amené à faire un gros nettoyage par le vide. Tous les brols accumulés "au cas où..." : zou ! , au container! Du coup, ça me fait plein de place! Au figuré aussi il y a un gros nettoyage : famille, amis, connaissances... Une sorte de sélection naturelle s'opère. A force, ça fera plus propre, finalement.

17:54 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Des ineffables petits plaisirs de la vie d'un failli... 3 : et puis quoi encore ?

16 morceaux.

Je les ai comptés après coup, même s'ils étaient sales et gras. 16 : c'est le nombre de morceaux de ma convocation pour les élections

La prochaine fois, je tente 32 !!!

17:00 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Je fais appel à l'équipe

Je n'aimais pas trop le procédé, mais au point où j'en étais, j'avais appris à m'assoir sur mes principes.

Via untel qui connaît un autre et armé de quelques adresses, j'expédie des courriers à nos élus. Pour me faire recommander. "... se changer en bouffon / dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre / naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ..." (Rostand - Cyrano). Autant le dire tout de suite : à part quelques vagues promesses et des formules-type d'encouragement, ça ne m'a rien apporté.

Monsieur le Député P... est un de mes plus grands fans. Ou celui qui a le meilleur secrétariat et le plus gros carnet d'adresses ? Toujours est-il que régulièrement, je reçois copie du courrier qu'il expédie à ses relations : "... je me permets par la présente de vous sensibiliser à la situation délicate à laquelle est confronté Monsieur Jean-Pierre...".

Dernièrement, j'ai reçu un nouveau courrier de chez lui. Mais ce n'était pas une copie pour information, c'était un original, adressé à ma société (qui n'existe plus depuis un an, pour cause) :
"... Je me permets par la présente de vous recommander la candidature de Monsieur XY, à la recherche d'un emploi...".
Il y a un problème de mise à jour là.

16:41 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il fallait bien y passer : CPAS 3

Extrait d'un mail que j'ai envoyé à l'Administration de l'Intégration sociale, le mercredi 20 novembre 2002

Objet : Intégration ?

... actuellement, ma situation est la suivante :

  • en tant qu'ancien indépendant, je n'ai droit à aucune allocation de chômage;
  • n'étant donc pas assimilé à un "chômeur complet indemnisé", je ne peux postuler pour la plupart des offres d'emploi;
  • ma qualité d'indépendant failli, ainsi que la requête en remédiation de dettes en cours, m'interdisent toute nouvelle activité d'indépendant;
  • les revenus mensuels du ménage — dépassant de 20 euros le plafond du revenu minimum d'intégration ! — m'interdisent une reconnaissance du CPAS;
  • ce point m'étant refusé, je ne suis donc pas non plus subsidiable pour un emploi;
  • enfin, je n'ai pas le droit de proposer mes services à l'ALE.

(...)
je ne sollicite pas une aide financière, mais une reconnaissance me donnant accès enfin à un statut et au droit minimum de travailler.

14:35 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Il fallait bien y passer : CPAS 2

En attendant la décision du conseil social, j'ai rencontré un gars qui me propose un emploi. Génial! Pour une asbl dans le secteur culturel (en plus, passer dans le secteur non-marchand, ça me ferait vraiment des vacances dans la tête). J'ai eu une réunion avec l'équipe; ils sont vraiment impatients que j'arrive; ils n'en sortent plus. Mais asbl = pas de sous. Il faut trouver une astuce pour faire subsidier mon job.

Là, je me souviens d'un texte que j'ai lu en fouillant la législation : "... le droit à l'intégration sociale se concrétise : soit par un emploi; soit par l'octroi du revenu d'intégration...". Retour au CPAS : arrêtez tout, on recommence. Je sais, je suis venu vous voir pour une aide financière. Mais je sais aussi que vous n'êtes pas très riche, alors votre argent je vous le laisse. Reconnaissez-moi comme ayant droit à l'intégration sociale et le lendemain j'ai un job. Simple non?

Trop simple évidemment : comment reconnait-on que quelqu'un a droit à l'intégration sociale? Au fait qu'il touche un revenu d'intégration sociale... Alors, accordez-moi 1 euro pendant 1 mois ? Cet euro, je vous le rends après si vous voulez; mais au moins il me donne droit à un statut.

Trop facile, beaucoup trop facile! Je me voyais tiré d'affaire; j'aurais dû me méfier...

14:11 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Il fallait bien y passer : CPAS 1

Je n'avais pas seulement pris conseil auprès de différents avocats. Pour ne négliger aucune piste, j'avais aussi contacté une assistante sociale. Au téléphone, on n'est pas trop entré dans les détails, mais pour elle mon cas était clair : le CPAS de ma commune ne me laisserait pas tomber.

N'empêche : j'étais pas fier en me pointant là... Malade! La déchéance totale!

Dans la salle d'attente, je tombe sur un dépliant : "Le revenu d'intégration sociale. Vous avez droit à un nouveau départ. Tout le monde a droit à un avenir. Hommes et femmes, jeunes ou vieux, doivent pouvoir se sentir bien dans notre société." Ouf ! Ils ont pensé à moi aussi alors ? Toujours savoir lire entre les lignes; ce beau dépliant, il signifiait aussi : la loi vient de changer. Conclusion : question formulaire, paperasse et procédure ça cafouillait pas mal. Enfin bon, on entame mon dossier (j'ai dû négocier un peu au départ : en tant qu'ancien indépendant, je suis toujours considéré comme un fraudeur potentiel). Ca coince un peu au niveau revenus mensuels du ménage : 20 euros de plus que l'ancien minimex... Ce n'est pas le pactole mais c'est beaucoup trop.

Prenez un toute-boîte aux pages des annonces immobilières. Cherchez dans les locations "Meublé..." et ça se termine par "Domiciliation OK". Le truc, c'est d'entamer une fausse procédure en séparation pour être considéré comme isolé sans revenu. C'est l'assistante sociale elle-même qui m'a donné le tuyau. Moi, je suis tout autant trop con et trop honnête : je ne me suis jamais décidé à franchir le pas.

13:33 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |