23/09/2003

Le dit de la légende villageoise

Il y a des jours comme ça où je préfère rester chez moi et ne voir personne. Bon, d'accord, dans mon cas je devrais plutôt dire : des semaines. Ou des mois.

C'est ainsi : je ne sais pas quoi répondre à la question classique : "Comment ça va?". Je me doute bien qu'on pose cette question sans trop y penser. Et sans plus y penser, on répond "Ca va". Juste histoire de dire quelque chose, d'introduire la conversation... En me concentrant très fort parfois, je passe outre de ce réflexe et j'arrive à répondre : "ça finira bien par aller".

Mais c'est embêtant : soit ma réponse fait sourire, ce que je trouve indécent; soit elle amène d'autres questions sur lesquelles je n'ai vraiment pas envie de m'étendre.

Alors, je préfère encore qu'on ne me pose pas de question du tout. Et j'imagine qu'on m'oubliera. C'est mieux ainsi.

C'est un tort : on n'oublie pas quelqu'un qui se cache. On jase.

Dans mon patelin, il se dit que je suis propriétaire d'une autre maison. Bien content de l'apprendre ! C'est la seule rumeur qui m'est revenue jusqu'à présent, mais je suppose qu'elle ne doit pas être orpheline.

15:30 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

"Comment ça va?" C'est vrai que c'est la une phrase extrêmement pénible dès que l'on veut s'y pencher un peu.
Tant qu'on l'utilise comme les anglais disent "Howdo you do?", pas de problème. Ça permet d'entamer un contact.
Mais lorsque que je ne vais pas bien, j'ai pas envie de ressaser non plus, je répond machinalement "ça va". Parfois avec tellement d'entrain que l'autre le crois sincèrement. Mais l'entrain ne vient pas de mon état physique ou psychique mais de mon ardeur à me mouler à une convention, histoire de m'oublier un peu, disparaître dans la norme, en quelque sorte.
Par contre, lorsque mon état s'approfondit ou perdure, je n'ai plus du tout envie de laisser passer l'occasion du "comment ça va?". Je l'attend même, tapis dans l'ombre, aux aguets, pour pouvoir balançer au malheureux (!?) d'en face tout ce qui me ronge.

Et puis entre les deux positions il y a aussi toutes les gênes de part et d'autres de l'un qui n'ose pas trop commencer à se raconter et de l'autre qui n'a pas trop envie de savoir.

À ce "comment ça va?" il faudrait pouvoir sortir une réponse qui réponde à la fois à un fonctionnement et qui dans le même temps stimule une réaction à qui est attentif.
Du genre : "Ça va fort… mal". Libre ensuite à l'interlocuteur de passer outre, de le prendre à la rigolade ou de s'inquiéter un tant soit peu.

Bonne fin de journée à toi.

Écrit par : BroC | 23/09/2003

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