07/09/2003

Là, on entame une longue série de rebondissements

Le courrier est intitulé "NOTIFICATION SIMPLE". Simple, je ne sais pas pourquoi, parce qu'en fait, il faut un dico pour bien tout comprendre.

Heureusement, au milieu de la page, en grand et en gras, c'est très clair :

"... Décision :

  • Vu que vous cohabitez avec une personne ayant des revenus suffisants.
  • De ne pas vous octroyer le revenu d'intégration sociale catégorie 1 (cohabitant)
..."

Bon. Donc : 798 euros par mois, ce sont des revenus suffisants pour une famille de 5 personnes.

Ensuite, ils me fatiguent à la longue, c'est vrai quoi : j'ai bien expliqué à un tas de gens que je ne venais pas demander le RIS, mais un statut qui me donne accès à un emploi. Je parle français ou non?

A la fin du courrier, toute la procédure pour introduire un recours est expliquée en détail. Mais là, je me dis : aller au Tribunal, ce ne serait pas une bonne base de travail. Je leur en veux pas d'appliquer la loi, mais il doit y avoir moyen de s'entendre ?

Allez, je vais bien finir par trouver une astuce.

12:15 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Partage Tout d'abord merci pour ton partage courageux, voilà une page que je diffuserai chaque fois que cela se présente (à commencer par un lien sur mon blogue).
Je suis indépendant et infographiste.
Du moins c'est ce que j'ai dis voici près de 10 ans et donc c'est ce qui est écrit sur les documents officiels me concernant.
À l'époque c'est la seule solution que j'avais trouvée pour arriver à faire tourner financièrement mon couple débutant. Rien ne m'avait préparé à ce statut, ni ma famille, ni mon tempérament, ni vraiment mes études — laissées quelques années auparavant — le temps que la micro-informatique envahisse le métier. J'ai démarré avec rien, pas d'argent, pas d'ordinateur, pas de client, pas de connaissance de l'outil informatique. J'y ai tout de suite perdu la qualité de vie que nous recherchions avec ma compagne; partager nos vies (la séparation fut effective un an et demi après, mais je ne peux honnêtement tout mettre sur le dos de mon statut professionnel).
Mon mode de penser, si peu préparé à ce statut juridique, m'a peut-être sauvé la mise. J'ai d'emblée choisi un bon comptable pour ma déclaration annuelle et pour son conseil (payant). La compta journalière et les déclarations trimestrielles c'est pour ma pomme.
Il m'a fallut faire de la prospection, apprendre sur le tas la différence fondamentale et subtile entre demander du boulot et proposer ses services. (Ah ces sourires narquois que j'ai vu sur les visages bien des fois).Il y a les souvenirs: de cette chère RW qui aime les petits nouveaux indépendants; des 'collègues' qui te font des coups en douce, genre flasher les films et les envoyer à l'imprimerie sans ton contrôle et bien sûr il y a un pépin incompréhensible à la séparation. Les plus récurrents dans le métier restent les clients mauvais payeurs, et difficile de les sentir venir en temps voulu. Et bien sûr l'omniprésence des cotisations, de la TVA et des impôts. Ceux-là sont toujours aussi présent dans ma vie).
Dans les deux ans j'avais confirmé une option assez radicale : ma vie c'est la création artistique; il est donc exclus que je fasse de la création pour le monde graphique.
À partir de là d'autres choix ont suivi : sécuriser mes rentrées en louant mes services en sociétés et réduire les clients directs; développer ma vie hors statut économique ; questionner encore et toujours mon niveau de vie, mettre en balance bien être matériel et psychologique et autres. ; bloquer mes revenus pour éviter la croissance continue et infernale qui, je l'ai vite compris, est une fuite en avant et un aveuglement terrifiant sur ce qu'est la vie.
Ce point est des plus oppressant. Devoir réduire volontairement ses rentrées ; justifier des frais alors que je n'avais pas les moyens réels d'investir ; compter et recompter tout le temps pour juguler la hausse des cotisations sociales.
'Stabiliser' — terme inepte pour un indépendant, mais bon — le rythme, m’a pris 6 ans facile.
Il faut se rendre compte et gérer le fait que les cotisations sociales sont calculées pour un processus de croissance continu et sur le fait qu’un indépendant fait entre 30 et 50 % de noir (Que tous les contrôleurs soient graphistes un jour pour voir où est la possibilité de faire du noir dans ce métier…) ! Si ton chiffre d'affaires stagne tu es très vite le couteau sur la gorge. À un point tel que cela tourne à l’obsession (je suis heureux d‘avoir vécu cela seul rapidement et de ne pas avoir du l’imposer à une compagne). J’ai dû mettre en place des procédures de contournement telles que des demandes récurrentes de dispense de cotisations — qui sont un joli parcours dans les dédales des ministères, des papiers, des délais, des regards faux ou narquois (essayez d’expliquer que votre vie est liée à l’art, qu’il est difficile d’en vivre mais que c’est plus important que de gagner du pognon, ce qui n’empêche qu’il en faut un minimum et qu’en plus vous dites être capable de tenir un budget et que c’est la raison de votre présence à la commission de dispense). Pour info, ce parcours passe par un étage élevé (23e ?) d’une tour du WTC à Bxl, ce qui permet d’avoir une vue imprenable sur la ville pendant une bonne heure en salle d’attente :-). Si vous obtenez une dispense, le plus souvent partielle, il faut savoir que cela réduit vos droits à la pension, parce que, bien sûr, si l’état vous accorde ce ‘cadeau’, il faut bien qu’il vous le reprenne mais plus tard, si tard que aujourd’hui dans votre situation vous vous dites : ‘Une chose à la fois. On verra bien.’
Il y a aussi des activités extra, agent délégué pour un banque ‘éthique’ pendant 3 ans, et autres opportunités originales et sources d’expériences plus ou moins intéressantes.
En conclusion, ma porte de sortie fut, je crois, de refuser depuis toujours le tout à l’économie. D’abord instinctivement, puis de manière de plus en plus consciente et volontaire. Et si ma situation économique reste donc fragile et petite (si jamais je devais me casser la geule, ce ne serait pas de très haut), je m’enrichis d’une vie que je construis pas à pas avec mes valeurs personnelles.
Notre société économique travaille hardiment à contraindre les individus. Dans les années 70, l'artiste Joseph Beuys invitait chacun à trouver et investir sa propre créativité comme un outil politique.
Ceci n’étant que mon expérience personnelle. Il n'y a pas UNE solution miracle.
Bon courage et à bientôt peut-être.

Écrit par : BroC | 07/09/2003

Re : Partage Mais... mais... mais... c'est mon histoire que tu es en train de raconter là ! Et tu as sans doute eu la même impression en lisant certains passages de mon blog.

Une chose est sûre : la plupart des indépendants ont une âme d'artiste, ou au moins de créatif. Ce qui nous place dans un monde parallèle (tu as déjà essayé de parler de tes problèmes d'indépendant à un fonctionnaire? Il faudrait un traducteur ou quelque chose : on a pas la même forme de pensée)

Quant à faire du noir en étant infographiste : IM - PO - SSI - BLE !

Mais : "Si vous voulez vous en sortir, il FAUT faire du noir". C'est pas moi qui l'ai inventé; c'est le juge himself en personne qui me l'a dit.

C'est pas beau, ça ?

Écrit par : Jean-Pierre | 07/09/2003

un peu oui. C'est sûr qu'entre fonctionnaire et indépendant, un traducteur aiderait.
Je crois plutôt que l'âme d'artiste ce sont les graphistes qui l'ont, parce que si tu vas dans le bâtiment, c'est encore différent… encore que je connaisse un artiste qui bosse parfois dans le bâtiment, mais c'est une autre histoire.
Dans le genre cloisonnement des visions: pendant mon service civil (eh oui), dans une école primaire, durant une grève ou l'autre, le directeur me dit sur le ton de la confidence : "Tu sais, les enseignants sont des grands enfants qui n'ont jamais quittés l'école. Ils sont juste passés du banc à l'estrade."

Écrit par : BroC | 07/09/2003

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