05/09/2003

Descente

Je ne connaissais pas ce terme, je l'ai appris à l'occasion : "Descente de faillite". On dit tout pareil "descente de police" ou "descente du parquet" ou "descente d'organes"... Sur le coup, ça m'a fait bizarre; un peu comme si on m'annonçait, alors que j'étais au 36ème dessous, que je devais encore descendre plus bas.

Sur le moment, ça fait peur. Mais ils ne sont pas chiens : il faut d'abord que le tribunal désigne un curateur, que celui-ci s'arrange avec le juge pour trouver un créneau dans leurs agendas... Et tout naturellement, on m'appelle un matin pour me demander "jeudi en 8 vers 18h, cela vous convient?" Ben oui, si vous voulez...

De voir autant de grosses voitures garées devant chez moi, les voisins ont dû se demander ce qu'il se passait. Mon curateur est arrivé en premier, accompagné de madame. Présentations; on fait connaissance; sa dame semble sympathiser avec la mienne; elles parlent plantes en pot... en réalité, elle scrute la moindre pièce, n'en perd pas une miette, mémorise le moindre détail.

Arrivée du Juge et les choses sérieuses peuvent commencer : remise des documents comptables, inventaire du matériel. Il fait le tour de mes PC, dubitatif, vantant les performances du sien. Oui, je sais, c'est que du vieux matériel; il y a longtemps que ça me démange d'en racheter du nouveau. Ca ne s'est pas fait, voilà. Il a l'air déçu : pas grand chose à se mettre sous la dent. Soupçonneux du coup. Le juge, il est resté dans l'autre pièce; pas vraiment l'air concerné par ce qu'il se passait.

Retour au salon, PV de descente contresigné, déclaration sur l'honneur : levez la main droite et dites... "Vous ne voulez pas une Bible aussi?" (il n'y a pas plus grand bouffeur de curé que moi).

Pour finir, je dois lui remettre tout ce qui concerne les comptes en banques : chèques, virements, cartes bancaires... Je m'en contrefiche, il y a longtemps que je suis à sec. "Et sur la Proton, il reste quelque chose?" - "Environ 10 euros" - "Bon, ce sera toujours suffisant pour mes croissants dimanche matin".

Il plaisantait je suppose. J'espère qu'il plaisantait... Moi, cela fait 5 ans que je n'ai plus osé m'offrir des croissants.

11:29 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Pas de bol T'as pas eu de bol, vraiment !

Mais quel talent pour raconter tes déboires.

Écrit par : Vifoyan | 05/09/2003

Les commentaires sont fermés.