04/09/2003

Prélude 2... à deux on est plus fort ?

C... est une petite imprimerie du Brabant wallon. Editeur et imprimeur à la fois. Ils aimeraient bien étendre leur champ d'action et imaginent de créer une antenne compo sur Namur.

Contacts pris, il me veulent comme directeur. Allèchant, bien sûr! Pour la forme juridique, on ressort du tiroir une coopérative (rachetée par eux à bas pris et laissée depuis à l'abandon). Je dois donc racheter un max de parts de coopérateur pour avoir mon mot à dire dans ma propre société : tout mon matériel et mon fond de commerce y passe... et je deviens fièrement actionnaire minoritaire du haut de mes 30% de parts.

C'était idiot? Je suis de ceux qui pensent qu'un parole donnée a plus de valeur que n'importe quel contrat. Je m'en suis souvent mordu les doigts... mais c'est une condition incontournable : je ne pourrais pas travailler avec quelqu'un sans lui accorder inconditionnellement ma confiance (j'attends bien sûr qu'il me rende la pareille, mais bon...).

Une garantie tout de même à la clé : écrit noir sur blanc "C... sous-traitera avec la coopérative A... l'entièreté de ses travaux de photocompositions". Carnet de commande bourré jusqu'à la gueule dès le départ; ça va rouler!

Et puis, mon histoire d'association pour grandir fait son petit bonhomme de chemin aussi chez eux. Ils trouvent mon parcours intéressant et se disent "pourquoi pas nous?". Donc, ils décident de s'associer avec une autre imprimerie. Moi, je me frotte les mains : du boulot en perspective.

Seulement voilà : l'autre imprimerie a déjà son unité de compo et ne veut pas la lacher. Et comme chez C... ce ne sont pas des lumières en négociation, ils deviennent minoritaires.

Résultat : ma petite entreprise se retrouve au point mort. C... veut s'en débarasser et me propose de racheter leurs parts à un prix exhorbitant. Réunions houleuses, menaces... licencié je suis! Comme un malpropre. Je garde tout de même le moral : je suis toujours propriétaire de 30% des parts, je vais pouvoir me refaire, au moins récupérer mes billes.Il n'a pas fallu une semaine pour que A... soit revendue. Je n'ai jamais su à quel prix. 12 ans après, le bilan n'est toujours pas clôturé et mes parts dorment toujours quelque part.

10:37 Écrit par Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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